Comment prendre soin d’une ruche ?

ruche peinture

Dans la nature, les abeilles installent leur colonie dans le creux d’un arbre ou dans une fissure entre des rochers. Une ruche imite cette cavité naturelle, dont les abeilles ont besoin pour bâtir leur nid à l’abri des intempéries. Afin que ces insectes grégaires y demeurent et que l’apiculteur puisse profiter d’un peu de leur miel, la ruche doit être correctement fabriquée et dimensionnée. Mais avant d’installer un essaim, le bois de la ruche doit être correctement traité. On y passera une peinture adaptée ou de l’huile de lin. Par la suite, il faudra entretenir périodiquement cette protection car le temps et les éléments la dégradent continuellement. Cet article vous présente comment prendre soin d’une ruche, pour que vos abeilles et vous puissiez en profiter pendant longtemps

Les traitements du bois de la ruche

Quelle que soit l’essence du bois de la ruche, il est nécessaire de traiter les surfaces exposées au soleil, à la pluie et aux autres intempéries. Sinon, ce bois va absorber l’humidité, il va se déformer et se fendre. Des insectes et des micro-organismes vont y pénétrer et l’attaquer. En peu d’années, cette ruche sera inutilisable. Si vous souhaitez en savoir plus sur la confection d’une ruche, découvrez comment fabriquer une ruche.

Utiliser de la peinture

Il existe plusieurs peintures indiquées pour le traitement du bois des ruches. Mais la peinture suédoise est préférée par les apiculteurs amateurs et surtout par les débutants. Son application est facile et ne présente pas de risque pour la santé. De plus, de belles couleurs sont proposées par les magasins d’apiculture.

Des peintures qui contiennent de l’aluminium – comme le thermopeint – sont souvent utilisées par les apiculteurs professionnels. Leurs propriétés fongicides s’opposent au développement des moisissures. Mais il faut se protéger avec un masque et des gants durant son application.

Peindre une ruche peut se faire en famille, mais renseignez-vous sur la nocivité du produit.

Une seule couche de peinture n’est pas suffisante pour traiter le bois. Pour obtenir un bel aspect, mais aussi pour protéger correctement ce bois, on passera trois à quatre couches, à deux jours d’intervalle entre chaque. À la fin de ce traitement, on obtient une surface parfaitement lisse.

Attention ! Les abeilles sont des insectes sensibles aux odeurs. C’est l’odorat qui leur permet de reconnaître leur nid et leurs congénères. Les peintures – même sèches – libèrent des composés odorants qui peuvent poser problème si on y expose les abeilles. Il est donc important de ne pas peindre les surfaces à l’intérieur de la ruche

On pourrait alors craindre que l’humidité constante et la chaleur dégagée par la colonie attisent le développement des moisissures. Ce n’est pas le cas, car les abeilles sont très attentives à la propreté de leur nid. Et pour éviter que le bois ne pourrisse, elles vont déposer à sa surface une couche de cire et de résine, que l’on nomme la propolis. Les surfaces à l’intérieur de la ruche sont donc traitées par les abeilles. 

Les butineuses – en plus de détecter les odeurs – sont sensibles à certaines couleurs. Elles voient bien le jaune, le bleu et le vert. Par contre, le rouge apparaît comme du noir pour elle.

Ces ruches de couleurs différentes permettent aux butineuses de trouver le chemin de leur colonie.

Des ruches peintes de couleurs différentes vont les aider à retrouver le chemin de leur ruche et de ne pas risquer de poser leurs pattes dans une ruche voisine. Cela peut arriver si vous possédez plusieurs ruches identiques installées au même endroit.

Pour aider vos butineuses à bien s’orienter, mais aussi pour égayer votre rucher, utilisez des couleurs différentes pour différencier chaque ruche des voisines. Vous pouvez aussi peindre au-dessus de l’entrée – que l’on nomme le trou d’envol – des motifs géométriques noirs, car les abeilles reconnaissent aussi les formes.

Quand et comment repeindre une ruche ?

Une ruche correctement peinte n’aura pas besoin d’un entretien avant 4 à 5 ans. Mais ce laps de temps dépend de la qualité de la peinture, de l’exposition au soleil et du climat. C’est l’état du revêtement qui va vous informer. Lorsque la couleur de la ruche ternit et qu’elle s’écaille, il est temps de repasser quelques couches de peinture.

Pour effectuer cet entretien, il fait retirer les abeilles. Il n’est pas possible de peindre une ruche occupée par une colonie. Ceci revient à transvaser tous les cadres et les abeilles qui s’y trouvent dans un nouveau corps de ruche. On ne peut pas intervenir l’hiver ou par mauvais temps. Attendez le retour des beaux jours. Une fois vidée de ses occupantes, votre ruche peut retourner à votre atelier. 

Une première opération consiste à nettoyer les surfaces intérieures du corps de la ruche et du plateau. Il faut se munir d’un outil qui permet de décaper la couche de propolis que les abeilles ont déposée. Une fois à nu, le bois doit être désinfecté avec de l’eau javellisée. On détruit ainsi les parasites qui pourraient menacer la santé des futurs occupants.

Après ce nettoyage de l’intérieur, on peut poncer les surfaces peintes, pour en éliminer les écailles de peinture. Enfin, on va repasser deux à trois couches. Si vous souhaitez changer de couleur, la première couche d’accroche sera blanche. Puis les deux suivantes de la couleur de votre choix. La ruche après séchage peut être “enruchée” par une colonie d’abeilles.

Appliquer de l’huile de lin à froid

L’huile de lin est souvent utilisée pour traiter le bois des ruches. Elle permet de garder l’aspect esthétique et naturel des veinures du bois. Elle est aussi plus économique à l’usage. Vous pouvez la trouver dans des magasins de bricolage, mais aussi dans les enseignes spécialisées en apiculture. 

Comme pour la peinture, plusieurs couches d’huile de lin sont nécessaires. Il faut au moins 24 heures d’attente entre deux passages. En fonction de la porosité du bois, la quantité d’huile absorbée va fortement varier. Il est préférable d’appliquer autant d’huile de lin que le bois en absorbe. Si après une journée, la surface est encore grasse au toucher, vous en avez assez étalé.  

La protection apportée par l’huile de lin est importante. Par contre, on note que la coloration de la ruche va changer après quelques mois. Le bois prend alors une teinte grisâtre. Après quelques années, il faudra passer de nouvelles couches pour garder votre bois en bon état. On doit procéder comme décrit plus haut, dans le cas de la peinture.

Plonger une ruche dans un bain d’huile de lin chaude

Le meilleur procédé consiste à faire tremper tous les éléments en bois dans l’huile de lin chauffée entre 100 et 140°C. Les spécialistes parlent d’oléothermie. L’imprégnation du bois à l’huile de lin est meilleure que par une application à froid. Et les ruches sont rendues imputrescibles.

Avec ce trempage, les faces intérieures et extérieures des éléments de la ruche sont traitées. Mais les abeilles ne semblent pas incommodées par l’odeur résiduelle de l’huile de lin, contrairement à celle qui est laissée par une peinture. Toutefois, il est préférable d’attendre une semaine après le traitement avant de peupler la ruche.

Soyez prudent ! Avec ce procédé, l’huile de lin est chauffée à haute température. Ce traitement du bois vous expose à des risques de brûlure. De plus, il faut s’équiper d’une large cuve et chauffer avec des brûleurs à gaz. Nous ne vous recommandons pas de pratiquer l’oléothermie, si vous n’êtes pas correctement équipé et n’avez pas été formé pour le faire.

Certaines associations d’apiculteurs organisent des journées pour traiter les ruches de leurs adhérents. Il est préférable de se joindre à un tel rendez-vous et de profiter du savoir-faire des apiculteurs expérimentés.

Quel est le meilleur bois pour construire une ruche ?

Comme pour le choix du produit de traitement, la sélection du bois de la ruche a son importance. Certaines essences sont plus adaptées que d’autres pour l’apiculture. Vous trouverez, dans le commerce des ruches et des ruchettes, du bois qui vous convient. Et si vous n’y trouvez pas votre bonheur, vous pouvez fabriquer une ruchette vous-même.

Il est possible de construire et de peindre soi-même une agréable ruche pour les abeilles

Le bois de châtaignier est à la fois facile à travailler et résistant aux champignons. Il convient très bien pour construire une ruche. Son prix est par contre assez élevé et rares sont les ruches en châtaignier.

Le bois de douglas est léger et très résistant. Les ruches faites dans ce bois résistent très longtemps aux intempéries. Des ruches en douglas sont parfois proposées dans le commerce. 

Comme le douglas, les bois des résineux conviennent bien à la fabrication des ruches. On retrouve souvent du mélèze, de l’épicéa, du cryptoméria et du pin des Landes dans des fabricants de ruches. Ce dernier bois est généralement utilisé pour fabriquer les ruches de premier prix. Il est léger et son coût n’est pas élevé.

Le bois de chêne est très dense, donc lourd. Le poids d’une ruche est important pour les apiculteurs qui les déplacent en transhumance. Il est préférable de choisir des ruches légères, même si vous êtes un apiculteur sédentaire. De plus, le bois de chêne a tendance à se fendre, ce qui pose problème. Il n’est donc pas utilisé par les apiculteurs.

Enfin, il faut éviter les contreplaqués. Bien que très facile à découper et à assembler, la présence de colle n’est pas compatible avec l’élevage des abeilles et la production de miel.

Pour résumer

Les abeilles ont besoin d’un lieu sain et en bon état pour abriter leurs larves et leurs réserves de miel. Dans le cas contraire, il est possible que la colonie tombe malade. Elle peut même quitter les lieux et laisser votre ruche vide. Pour que cela n’arrive pas, l’apiculture doit s’assurer de mettre à disposition des insectes, des ruches correctement traitées et bien entretenues. 

Quatre points importants doivent être respectés :

  1. Il faut choisir une ruche dont le bois est de bonne qualité ;
  2. La peinture ou l’huile de lin doivent être appliquées en plusieurs couches ;
  3. L’entretien d’une ruche se fait après 4 ou 5 ans et consiste en un nettoyage intérieur et un traitement de l’extérieur ;
  4. Respectez les précautions d’usage et soyez prudent avec les produits appliqués à chaud ou contenant des substances nocives.

Si vous vous posez d’autres questions sur l’entretien des ruches et les soins à apporter à vos abeilles, nous vous conseillons de rejoindre une association d’apiculteurs. Ou alors, vous pouvez démarrer votre apprentissage par une formation à distance, comme celle que propose IDLWT. Pour en savoir davantage, consultez le lien https://apiculture.idlwt.com/